Les investissements durables : un choix financier gagnant ? | CHALEUR HUMAINE S.4 E.8


[Musique] bonjour bienvenue dans chaleur humaine je suis Nabil [Musique] Wakim moi dans la vie je préfère les comédies romantiques ou les séries américaines marrantes qui se passent dans un bureau mais depuis quelques semaines je dois dire que je ne résiste pas vraiment à la nouvelle série d’argent et de sang adapté de l’enquête de Fabrice harfy un confrère de miaap part c’est une série avec des loubars qui trouvent la poule aux odor une arnaque gigantesque qui leur permet d’empocher des milliards tout ça en mangeant de délicieux falafel mais ce qui m’intéresse dans cette série c’est qu’elle raconte une arnaque à la taxe carbone ou comment des gens malintentionnés ont su tirer profit de la mise en place d’un marché de droit à polluer en regardant cette série moi je me suis dit est-ce que les outils de la finance et du marché c’est vraiment les plus approprié pour faire face au réchauffement climatique est-ce qu’il y a pas une forme de naïveté à penser qu’on peut transformer de l’argent en gris tout sale de CO2 en argent vert propre de la transition pourtant ce serait un truc assez idéal on prend tous les milliards de dollars qui alimentent aujourd’hui les énergies fossiles et hop on les investit dans les énergies renouvelables la rénovation des bâtiments l’efficacité énergétique et que sais-je [Musique] encore sauf que pour l’heure c’est pas exactement ce qui se passe l’Agence internationale de l’énergie elle elle explique qu’il ne faut plus financer de nouveaux projets de pétrole de gaz et de charbon et pourtant il trouve des financements sans problème d’un autre côté les banques françaises et européennes elles prennent des engagements et elles assurent qu’elles font tout ce qu’elles peuvent pour sortir des investissements les plus gris c’est pas toujours facile de s’y retrouver d’autant qu’on sait que pour faire la transition il y a besoin d’argent beaucoup d’argent et donc d’une mobilisation du monde de la finance pourquoi les banques continuent de financer les énergies fossiles malgré toutes les alertes est-ce que les banques et les acteurs financiers sont sérieusement en train de changer ou bien est-ce qu’elles nous font des fausses promesses quel rôle peuvent jouer les individus ou l’état pour assurer que l’argent aille au bon endroit voilà c’est de cela dont nous allons parler dans cet épisode de chaleur humaine Lucy Pinon est fondatrice et directrice de reclaim finance une organisation qui veut mettre la finance au service du climat elle a reçu en 2020 le prix Goldman pour la défense de l’environnement et elle elle pense que les banques doivent désinvestir les énergies [Musique] fossiles bonjour Lucy Pinçon bonjour Alors on peut commencer par le début pourquoi est-ce que les banques les fonds d’investissement et les assureurs financent les énergies fossiles alors finance l’économie telle qu’elle est aujourd’hui donc de facto si l’économie repose sur les énergies fossiles entre autres les banques financent les entreprises des énergies fossiles le problème aujourd’hui est qu’elle continue de financer sans distinction les entreprises opérantes dans le secteur énergétique quand bien même ces entreprises notamment dans le secteur pétrolier et gazier continuent de développer des nouveau projet d’énergie fossile parce qu’il faut bien comprendre que personne ne dit qu’il faut sortir des énergies fossiles du jour au lendemain ça c’est pas possible le pétrole le gaz vont se maintenir dans le mix énergétique pendant encore de nombreuses années et donc c’est normal que dans le bilan des banques on trouve des énergie fossile ou queil y ait des financements qui aillent à des entreprises comme ngj par exemple qui opèrent des centrales à gaz ou ou d’autres activités qui sont liées aux énergies fossiles mais alors pour bien comprendre comment ça marche quand on dit que les banques financent les énergies fossiles qu’estce qu’elle finance c’est-à-dire est-ce qu’elle finance directement des plateformes pétrolières ou des mines de charbon en Chine ou est-ce que c’est qu’elle prennent des action dans des entreprises comme Total ou ngj ou d’autres groupes pétroliers ou gaziers en vérité la majorité des financements sont alloués non pas au niveau des projets mais au niveau des entreprises donc au lieu de financer la centrale à gaz d’nj généralement les banques vont plutôt financer ngj directement ça ça représente à peu près 96 % des financements au secteur énergétique au niveau au niveau mondial c’est financement d’entreprise les financements d’entreprises ils peuvent prendre différentes formes ils peuvent prendre la forme d’un prêt de la même manière que nous on va voir notre banquier pour avoir un prêt pour financer des travaux à la maison bah c’est la même chose pour les entreprises elles peuvent aller demander aux banques des prêts qui vont leur servir à financer l’intégralité des activités qu’elles ont sur la table et puis il y a d’autres services financiers qui sont extrêmement importants pour pour les entreprises qui permettent à NJ et à d’autres entreprises des énergies fossiles de se financer non pas directement auprès des banques mais auprès des investisseurs sur les marchés financiers donc je suis toujours ngj je vais émettre des titres de crédit qui s’appelle des obligations grâce à l’intermédiaire d’une banque et ces obligations vont être achetées par des investisseurs donc là c’est n’est plus par exemple BNP Paribas mais ça va être la branche de gestion d’actifs de BNP Paribas BNP aribba Asset Management ça peut être Amundi aussi euh qui est le plus grand gestionnaire d’actifs en France ça peut être CNP assurance ça peut être AXA qui sont des grands investisseurs en plus d’être des assureurs euh voilà donc ces investisseurs vont acheter ces titres euh sur les marchés financiers et ça va donner B de décapitaux aux aux entreprises comme comme ngj mais ces services-là ça ne peut pas se faire sans l’intermédiaire des banques et aujourd’hui ça représente un peu près la moitié euh des euh des financements l’autre moitié étant composé des des prêts c’est-à-dire que quand ma banque finance ou participe au financement d’une entreprise du secteur des énergies fossiles il y a quand même en partie mon argent celui que moi j’ai mis à la banque qui participe indirectement au financement des énergies fossiles ça c’est pour la partie des prêts alors les banques peuvent financer l’économie parce que en effet elles ont des clients qui leur confient leur argent ces clients peuvent être de différentes types ça peut être des clients institutionnels des entreprises mais ça peut aussi être les particuliers donc en effet si on est chez BNP Paribas ou Crédit Agricole et ben on contribue à la capacité de financement de BNP Paribas ou de Crédit Agricole et alors c’est quoi l’ordre de grandeur c’est combien ça représente en volume cet argent qui est investi par les acteurs du monde de la finance dans le secteur des énergies fossiles on a avec nos partenaires publié un rapport qu’on publie tous les ans qui s’appelle le banking on climate chaos qui fait l’état des lieux des financements des 60 plus grandes banqu au niveau international au secteur des énergies fossiles et on a fait l’état de 5500 milliards de dollars de financement alloué au charbon au pétrole et au gaz depuis 2016 donc depuis que l’accord de Paris sur le climat a été adopté fin 2015 à Paris donc c’est beaucoup d’argent le problème il est peut-être pas tant j’ai envie d’être provoquant pant dans ces 5500 milliards de dollars de financement il est dans le fait que ces financements vont à des entreprises dont la majorité d’entell n’ont pas de plan de transition aligné avec une trajectoire 1,5°gr mais au contraire continue comme en l’an 40 a développer des nouveaux projets qui menacent nosre capacités à limiter le réchauffement à 1,5°gr ce que vous vouleis dire c’est si cet argent finance des entreprises qui aujourd’hui ont des centrales à charbonou des centrales à gaz mais qu’elles se sont engagés à en sortir alors d’une certaine manière on peut essayer on peut penser que c’est une bonne idée parce que ça va dans la bonne direction mais si cet argent-l finance des activités sans horizons de décarbonation là par contre on a un problème c’est ça parce que on a aujourd’hui un constat qui est très clair par les scientifiques du JC qui est tout simplement que tout nouveau projet émetteur de gaz à effet de serre ne va pas dans la bonne direction entrave notre capacité à limiter le réchauffement à 1,5°gr et la bonne nouvelle c’est que l’Agence internationale de l’énergie a dit à plusieurs reprises qu’on peut répondre aux besoins énergétiques mondiaux sans développer de nouveaux projets d’énergie fossile sans développer de nouveaux projets dans le secteur du charbon ça c’était connu depuis déjà un bon moment mais aussi sans le développement de nouveaux champs pétroliers ou gaziers ou infrastructure de transport de pétrole ou ou de gaz comme les grands terminaux de gaz naturel liqufié dont Total énergie est extrêmement Friant et donc le problème aujourd’hui c’est que on a des banques y compris les banques françaises qui non seulement continuent de financer directement le développement de nouveaux projets donc on a par exemple aujourd’hui un crédit agricole pour donner un exemple qui est le conseiller financier de Total ennergie dans le développement d’un énorme projet gazier en papoisie nouvelle- Guinée qui s’appelle papois LNG ce projet c’est une aberration écologique qui est contraire aux objectifs de lutte contre le dérèglement climatique et qui aussi menace la stabilité sociale menace les populations qui sont déjà en première ligne des des impacts du dérèglement climatique bon bah ce projetl il est directement soutenu par Crédit Agricole puisque Crédit Agricole comme d’autres banques françaises ne s pas interdit de soutenir le développement de ce type de projet là directement alors justement sur les banques françaises on se demande un peu enfin je me demande plutôt ce qu’elle pèse là-dedans au niveau international c’est-à-dire est-ce que nos banques cell que nous on connaî on en a cité quelquesunes le Crédit Agricole la BNP Société Générale Natixis Banque Populaire est-ce que elle pèse vraiment dans ce marché de financement des activités d’énergie fossile ou est-ce qu’en fait finalement c’est pas très important et ça plus un caractère symbolique alors quand on revient sur ces 5500 milliards de dollars de financement qui ont été accordés aux énergies fossiles depuis 2016 on voit que les banques qui sont vraiment dans le top du classement les premiers financeurs d’énergie fossile sont d’origine américaines donc des États-Unis du Canada sont aussi du Japon mais oui on retrouve aussi des banques européennes comme BNP pariba ou encore barklay et ça c’est vraiment pour le top 10 le Top 12 des plus grandes banques à financ c’est les énergies fossiles par contre on va également trouver un crédit agricole ou une société générale dans les principales banques impliqué dans ce type de financement et pas très loin derrière on va également trouver Banque Populaire quiisse d’Épargne à travers sa banque de d’investissement et de financement qui s’appelle latixis donc oui les banques françaises pèsent lourd à l’international dans ce type de financement pour la simple et bonne raison qu’on a des banques qui sont très importantes très grosses il faut savoir que la France est le 4è secteur bancaire le plus important au monde et donc lorsqu’on regarde plus précisément juste qui sont les financeurs des entreprises qui développent le plus de nouveaux projet d’énergie fossile et bien on va se rendre compte que les banques françaises à ell seules représentent la moitié des financements des banques européenne à cette expansion moiême j’étais surpris de voir dans les enquêtes qui ont été récemment publiées dans le monde sur les bombes carbones donc les plus gros projets fossil au monde qu’en fait les banques françaises jouaient un rôle assez important dans le financement des plus gros projet faossile dans le monde et au premier rang d’entré le BNP paribba alors moi qui suis toujours client de BNP évidemment ça m’a un peu énervé mais c’est vrai qu’on na pas toujours conscience du fait que en fait la banque qu’on a en bas de chez soi ou son conseil bancaire qu’on voit depuis longtemps bah en fait il participe d’une logique de financement relativement direct des énergies fossiles on va se rendre compte que les entreprises qui sont à l’avant-garde de l’expansion fossile qui sont au premier rang du développement de ces fameuses bombes carbon et ben sont les principaux clients aussi des banques françaises on va bien entendu penser à total energy qui est la deuxième entreprise au monde à développé le plus ses bombes carbone et qui va trouver ses principaux banquiers en France les principaux banquiers de Total ennergie ses crédits agricooles puis cesbnp Paribas puis ces Société Générale le deuxième constat c’est que ce type de financement c’est extrêmement concentré on a aujourd’hui le top 20 des plus grands développeurs de pétrole et de gaz qui représente plus de 50 % de la capacité en développement dans ce secteur là donc c’est très concentré et puis quand on s’intéresse à qui finance ces 20 entreprises et ben on va se rendre compte que elles ont également 10 banques qui vont leur accorder la majorité de leur financement ça va être aussi le cas par exemple pour Total énergie total énergie 97 % de ses financements depuis 2016 ont été accordés par seulement 20 banques dont les banques françaises donc ça ça explique aujourd’hui la situation et le fait que les banques françaises malgré les engagements qu’elles ont pu prendre sur le climat deme aujourd’hui toujours parmi les premiers financeurs de l’expansion des énergies fossiles et que ça ça se fait notamment en effet à l’encontre ou sans l’accord des clients de ces banques puisque on sait bien que la majeur partie de la population française lorsque elle est interrogée sur l’usage qui est fait de son argent ou qu’ils aimeraient être fait de leur argent un avis très clair à savoir bon ben mon argent je souhaite qu’il aille financer la transition écologie que le développement des territoires et je ne souhaite pas qu’il aille financer des activités qui détruisent la planète et menacent notre avenir alors on va reparler des engagements des banques françaises mais avant j’aimerais bien éclaircir cette notion de finan vertees dont on entend beaucoup parler il y a l’idée que il y a une partie de la finance qui se mettrait au service de la transition qui est en train d’y arriver alors est-ce que c’est un terme ou une expression que vous vous trouvez correct c’est-à-dire de dire qu’il y a une finance verte et donc il y aurait une finance grise ou est-ce qu’en fait c’est un peu plus comp compliqué que ça est-ce que si en tant que particulier ou entreprise on va vers un produit financier qui est labellisé comme verre est-ce que ça veut dire que bah notre argent est mis au service de la transition le problème donc avec ces nouveaux produits ou services financiers c’est déjà un problème de définition est-ce que le vert est réellement vert et on se rend compte que dès qu’on gratte un peu euh on voit queil y a des des gros problèmes ici de il peut y avoir des des des produits financiers divers qui sont vraiment verts et puis il y en a d’autres qui sont plutôt gris voire orientés vers des activités qui vont à l’encontre du dérèglement de la lutte contre le dérèglement climatique on a eu par exemple encore il y a peu un cas d’une obligation verte à laquelle a participé BNP paribba cette obligation à participer à financer l’extension de l’aéroport de Hong Kong donc l’obligation était éthcté verte parce que c’est un bâtiment basse consommation et cetera peut-être mais l’ ttion vise bien l’augmentation du trafic aérien donc on est là bien sur un projet antagonique aux objectifs de lutte contre le dérèglement climatique on a aussi des produits d’épargne salariale ou d’autres produits d’investissement qui ont des appellation qui laisse entendre que c’est vraiment responsable et soutenable alors que en réalité on va trouver des entreprises qui développent des projets d’énergie d’énergie fossile concernant la finance verte il y a un autre problème qui est quand bien même ces produits ou ces services financiers divers seraient vraiment vert est-ce qui viennent se substituer aux produits et services financiers qui financent les activités polluantes où est-ce qu’ viennent s’additionner et là on a un vrai problème aujourd’hui qui est que bien entendu on voit qu’il y a des financements qui vont aux solutions qui vont au développement par exemple de l’éolien du solaire c’est très insuffisant et on pourra y revenir cependant il y en a malheureusement ça ne remplace absolument pas les financements qui vont encore à l’expansion des énergies des énergies [Musique] fossiles évidemment de mon point de vue à moi je préférais que les banques financent pas les énergies fossiles mais vous disiez tout à l’heure les banques elles financent l’économie telle qu’elle existe aujourd’hui et l’économie telle qu’elle existe aujourd’hui elle tourne aux énergies fossiles est-ce que d’un point de vue de financeurs de banquiers de d’investisseurs voilà après tout on a des prix du pétrole et du gaz qui sont très élevés donc c’est très rentable aussi d’investir aujourd’hui dans les énergies fossiles est-ce que dans cette logique là bon ben c’est quand même assez difficile de faire autrement si on se met à la place de ces acteurs du monde bancaire ou financier eux ce qui doivent à leur clients c’est quand même le meilleur profit possible la meilleure rentabilité possible et aujourd’hui elle est offerte par les énergies fossiles comment on peut résoudre cette contradiction alors en effet les acteur financier raisonne selon le couple rendement risque donc si une activité est rentable ils ont tendance à à la financer tant qu’il n’y a pas de réglementation ou de pression contraire les poussant à arrêter ce type de financement c’est ce qu’on appelle la tragédie des horizons c’est que les acteurs financiers savent bien que à long terme ils vont être impactés par le dérèglement climatique le dérèglement climatique menace leurs conditions même de profitabilité de faire du profit c’est le cas pour les banques hein si leurs clients sont mis en en difficulté par le dérèglement climatique de par des risques physiques ou des risques réglementaires bon ben les banques qui sont derrière ces entreprises vont être vont être aussi déstabilisées puisque potentiellement ils vont jamais revoir l’argent euh prêté à ces entreprises vous avez aussi les assureurs hein très clairement qui sont à l’avant enfin en première ligne des impacts du dérèglement climatique et qui voit bien que il y a des poches d’inassurabilité qui se développent qui sont plus à même d’assurabilité énormément mais du coup il y a une contradiction qui est très importante quand on est je sais pas un assureur comme AXA et que en même temps ben on doit assurer les impacts de canicules très importantes de la montée des EAU d’événements climatiques extrêmes et d’un autre côté ben on participe à financer l’économie telle qu’elle est aujourd’hui c’est-à-dire de nouveaux projets de pétrole ou de gaz ouais ouais tout à fait aujourd’hui on a des assureurs qui sont un peu schizophrène qui voit les impacts du dérèglement climatique tout a été dit un monde à 2 degrés c’est assurable un monde à 4°grés ça ne l’est pas ça c’est en 2015 alors aujourd’hui on se dit enfin les assureurs voient très bien que avant même d’atteindre de degrés il y a déjà des sérieux problèmes qui se qui se se pose et pourtant ces mêmes assureurs aujourd’hui continuent d’assurer les pollueurs ceux qui continuent d’aggraver la situation en matière climatique de les assurer ou même d’y investir oui mais pourtant tout le monde dit que aujourd’hui financer les énergies renouvelables par exemple c’est tout à fait rentable on avait par exemple dans ce studio il y a quelques mois Laurence Tubiana de la Fondation européenne pour le climat qui disait ça en disant que c’était une source d’espoir pourquoi si c’est rentable les banques ne basculent pas vers le financement de la transition alors c’est pas du tout à la hauteur en aujourd’hui il faut multiplier par 2,5 les investissements dans les solutions pour la transition énergétique donc c’est à la fois l’efficacité énergétique mais aussi les usages et bien entendu le développement de la production aussi transmission et distribution d’électricité soutenable donc c’est des sommes colossales qu’il va falloir aller chercher malheureusement aujourd’hui bah l’argent il est pas mis sur la table parce que c’est peu rentable encore sur le le le court terme et parce que en effet les il y a encore des modèles de risques qui sont pas adapt voir des incertitudes au niveau réglementaire qui rendent plus compliqué pour les acteurs financiers économique de déployer ses activités donc ça ça c’est vrai qu’il y a des il y a des vraies entraves maintenant il faut quand même être un peu sérieux ces entraves elles existent elles sont identifiées par contre si les acteurs financiers étaient réellement engagés dans la transition écologique est déterminé à contribuer à limiter le réchauffement à 1,5 degr on le sait les acteurs bancaires ont une force de frappe en terme de lobbying qui est extrêmement importante et ell pourrai aussi mettre leur département à faire publi et déployer les équipes à même d’aider aussi le régulateur et les autorités à débloquer cette situation malheureusement aujourd’hui la volonté politique au sein de ces institutions financières elle n’est pas encore à la hauteur des enjeux alors justement vous parliez tout à l’heure des engagements des banques françaises il y a un C nombre de banques qui ont pris l’engagement par exemple de ne plus financer de centrale ou de minine à charbon ça on a l’impression que c’est quelque chose qui est relativement acquis il y a une question sur le fait qu’elle continue à financer le pétrole le gaz est-ce que ces engagements là ils sont suffisants qu’est-ce qu’il faudrait faire pour qu’il soit satisfaisant alors les banques françaises en effet comme les autres acteurs financiers français on parle beaucoup des banques mais il y a aussi les assureurs et et et les investisseurs et en France on en a des très gros aussi on AXA qui est un des plus gros assureurs au monde à Mundi aussi hein société de gestion du crédit agricole qui est le seul européen peut-être à jouer dans la cour des grands avec les Américains ces acteurs financiers ont tous pris des engagements très ambitieux il faut le dire sur le secteur du charbon qui était à l’avant-garde he ils étaient à l’avant-garde de ce mouvement au niveau au niveau international et puis après par la pression et puis aussi le mimétisme parce que on est dans des comportements extrêmement moutonnier le plus dur c’est toujours de de sécuriser les premiers engagements mais une fois qu’AXA Crédit Agricole avait pris de de T politique et bien l’ensemble de la place de Paris globalement s’est aligné sur ce type de mesure et puis ça a fait domino au niveau au niveau international ça c’est un bon exemple d’une certaine manière d’une bonne pratique sur le sur le charbon pourquoi il se passe pas la même chose sur le pétrole et le gaz alors pourquoi sur le pétrole et le gaz c’est plus compliqué où en effet on a des premiers engagements à arrêter de soutenir des nouveaux projets certains nouveaux projets ceci étant dit on a toujours un BPCE Banque Populaire quace d’épargne qui soutient tous les nouveaux champs pétroliers et gaziers ou infrastructure dans ce secteur on a un crédit agricole qui est quasiment au même niveau et comme je le disais qui est impliqué aujourd’hui même directement dans le développement de nouveaux projet hein avec Total en papoisie nouvelle- guuinée on a des engagements un peu mieux du côté de Société Générale et de BNP Paribas ça c’est au niveau des projets au niveau des entreprises on a quasiment rien pourquoi et ben parce que c’est des gros clients tout simplement total énergie c’est une entreprise française très impliquée dans ce secteur là la majeure partie de son activité repose sur le pétrole et le gaz et même lorsqu’on se penche sur cette fameuse diversification que met en avant total énergie on se rend compte que les activités développées par Total énergie hors secteur de l’extraction de la production d’hydrocarbures repose aussi beaucoup toujours sur le secteur gazier et puis en al si je suis la BNP ou le Crédit Agricole si je me coupe de fait de financer total énergie je prends quand même un risque c’est-à-dire je laisse la place à quelqu’un d’autre une banque peut-être américaine chinoise ou peu importe d’ailleurs sur la planète qui va venir prendre ma place je ne vais rien y gagner c’estàd je vais perdre de l’argent et quelqu’un d’autre va prendre ma place la compétition sera plus difficile pour moi donc on peut comprendre aussi que pour un certain nombre d’acteurs du secteur en fait ils ont beaucoup à perdre à court terme à renoncer à ces financements là oui alors après ça c’est c’est réfléchir à très très courte vue puisque un ils vont finir par être rattrapés par le dérèglement climatique comme on l’a dit de s misiser sur quelque chose qui n’est pas certain à savoir on on le sait euh un retrait d’une banque d’un secteur n’entraîne pas forcément enfin peut contribuer à générer une dynamique au niveau international positif d’engagement à ne plus financer un certain type d’activité au niveau macro on voit que les financements aux énergies fossiles globalement sont encore très présents sont stables par contre on a aussi des témoignages d’entreprises qui disent leur difficulté à sécuriser des financements pour leur activité notamment dans le secteur du du charbon ou à sécuriser les couvertures d’assurance aussi pour développer ce type d’activité donc c’est bien la preuve qu’il y a un impact par l’adoption de mesures par les acteurs financiers et que que l’adoption de mesures par les acteurs financiers français peut un générer un effet domino au niveau international et quand bien même il sera toujours possible pendant encore de nombreuses années d’aller chercher des capitaux ailleurs l’enjeu du désinvestissement est souvent mal compris parce qu’on a l’impression qu’on dit zéro financement doit aller à ce secteur que c’est l’objectif recherché par notamment les ONG qui travaillent sur cette dynamique en vérité non l’objectif recherché c’est d’augmenter le coût de la dette d’augmenter le coût du capit parce que il y a un nombre assez important d’acteurs qui se retirent du marché et bien ça rend l’accès au capitaux beaucoup plus cher pour les entreprises sur ce créneau d’activité c’est d’autant plus le cas que le nombre de banques à délivré ses capitaux est restreint mais alors il y a un argument qui est employé par un certain nombre d’acteurs financiers qui disent oui mais on préfère investir dans ces entreprises là on prenait l’exemple de Total voilà on préfère être dans Total pour justement les aider à changer de stratégie pour les accompagner en disant bon on vous donne de l’argent on vous finance aujourd’hui pour vous permettre aussi de justement ne pas sortir des énergies fossiles du jour au lendemain mais de le faire de manière progressive est-ce que c’est vrai ça est-ce que il y a des entreprises avec lesquelles ça a fonctionné d’avoir des acteurs financiers qui les poussent dans la bonne direction alors dans le secteur de la production d’électricité oui ça fonctionne et ça peut fonctionner encore plus on le voit des entreprises comme hiber là nel alors NL il y a encore beaucoup de choses à faire mais on le voit sont en train de prendre des mesures intéressantes concernant un passage du gaz aux énergies renouvelables maintenant et ça se fait notamment sous la pression des acteurs des acteurs financiers en revanche est-ce que les banques sont sincères lorsqu’elles disent vouloir financer la transition de totale énergie je ne peux pas parler pour ell en revanche on peut que les inviter à regarder les chiffres pour se rendre compte que la transition qui est mise en avant par totale énergie est un leur aujourd’hui la majorité des dépenses d’investissement de la Major pétrolière et gazière française vont toujours au pétrole et au gaz et notamment au déploiement de nouveaux projets de nouveaux projets fossiles en revanche nous c’est ce qu’on leur dit vous pourriez très bien avoir des financements fléchés accordés à totale énergie pour le développement de l’éolien et du solaire par contre les financements qui sont pas fléchés eux ils doivent être à conditionnés à un arrêt du développement de nouveaux projets fossiles et un court terme aussi à l’adoption d’un vrai plan de transition des énergies [Musique] fossiles alors justement on a parlé un peu de ces engagements là si on disait une banque ou un acteur financiers qui voulait vraiment bien faire qu’est-ce qu’il ferait quell seraiit les premières mesures à prendre pour dire voilà je me mets vraiment dans la la bonne direction et d’ailleurs peut-être qu’il y en a qui le font première mesure prendre le rapport du JEC le scénario 1,5°gr de l’Agence internationale de l’énergie et suivre les conclusions et projections de ces rapports là à savoir arrêter de financer directement de nouveaux projets d’énergie fossile et puis faire pour le secteur du pétrole et du gaz ce qu’elles ont pu faire pour le secteur du charbon à savoir ne plus financer des entreprises qui aujourd’hui compromettent nos chances de limiter le réchauffement 1,5°gr en développant de tel projet et ça est-ce qu’il y a des acteurs ou financiers ou des banques qui le font alors bah ils l’ont fait en effet sur le secteur du du charbon sur le secteur du pétrole et du gaz on a aujourd’hui pas mal d’investisseurs en France qui ont pris des bonnes mesures concernant l’arrêt de leur soutien à l’expansion pétrolière et gazière donc pour les investisseurs ça va passer notamment par des engagements à ne plus acheter les fameuses obligations des entreprises qui développent de nouveaux projets d’énergie fossile en considérant tout simplement bah que ces obligations vont permettre notamment le développement de ces de ces projets-l donc on peut penser notamment à CNP assurance qui a pris cet engagement- là il y a plus d’un an maintenant et qui a décidé de au contraire rester toujours actionnaire de Total Energie mais pour mettre la pression sur cette entreprise notamment lors des assemblées générales au total on a des investisseurs qui gèrent collectivement plus de 1,5 trillions de dollars d’actifs donc c’est 1700 milliards de dollars d’actifs donc c’est beaucoup d’argent qui ont pris des mesures pour lutter contre l’expansion pétrolière et gazière donc on a une vraie dynamique qui est en train de se mettre en place en France qui maintenant doit être suivie par les banques et et les assureurs par contre concernant des engagements à financer la transition des engagements chiffré là malheureusement on y est pas du tout mais qu’est-ce qui peut finalement faire bouger une banque c’estàdire si moi je faire mon compte à la NNp et j’écrit une lettre à mon conseiller BNP en disant en fait vous je suis pas d’accord avec votre stratégie vous financez les énergies fossiles et donc je souhaite partir bon est-ce que ça ça a un impact on se dit que dans cet immense monde de la finance où on parle en milliards de milliards de dollars mais quelques euros qui sont sur mon compte épargne il pèse pas grand-chose alors on pourrait se dire ça et on pourrait se dire bon bah c’est au régulateur d’agir c’est au gouvernement et cetera ce qui est en grande partie vrai il faut des mesures réglementaires on pourra y revenir en revanche il est total fait possible d’agir pour mettre la pression sur les acteurs financiers les contraindre aussi adopter des mesures c’est ce qui s’est fait hein sur le secteur du charbon ça s’est pas fait tout seul ça s’est fait par la pression et la mobilisation citoyenne puisque il faut se souvenir que les acteurs dont on parle ils ont pignon sur rue on parle pas d’acteurs opaque dont personne connaît le nom et sur lesquels on n pas de prise on a des prises sur ces acteurs puisqu’elles ont pignon sur rue et elles ont une réputation à défendre auprès de leurs clients qui sont de plus en plus nombreux à souhaiter voir leur argent utiliser pour financer la transition si les banques mettent autant d’argent pour démontrer qu’elles sont plus vertes que vertes pour publier des enfin payer des spots publicitaires et cetera c’est que elles ont une réputation à à défendre et et et notamment auprès des des clients mais aussi auprès des autres parties prenantes puisque bah les banques elles ont ce sont des gros employeurs et donc il leur faut aussi sécuriser leur capacité a attirer les meilleurs talents comme elles disent des grandes écoles donc c’est aussi un un niveau un niveau d’action et elles sont quand même très frileuses et elles regardent vraiment ce qui se passe du côté du de l’action individuelle alors bien entendu si euh vous tout seul changez de banque et ne le dites pas à votre banque euh ça va pas avoir un impact par contre si vous changez de banque vous faites savoir à votre banquier la raison pour laquelle vous avez changé de banque voire vous entrez er d’autres personnes de votre entourage à le faire et vous communiquer sur les raisons de votre action publiquement sur les résseaux sociaux ça peut entraîner d’autres personnes à faire la même chose et là ça va être intéressant puisque les banques savent très bien que entre le nombre de personnes qui passent à l’action et surtout qui le disent et bien c’est un bon baromètre quand même de la tendance et de l’acceptation d’une certaine pratique au sein de la société civile on sait bien que tout le monde va pas changer de banque par contre il suffit qu’un nombre assez important petit mais quand même significative change de banque et le fait savoir pour envoyer un message très clair aux banques sur le fait que un changement d’activité est nécessaire si elles veulent maintenir leur base de clientèle oui mais si la plupart des banques euh jouent le jeu du financement des énergies fossiles changer de banque pour passer de la BNP au Crédit agricole ou à à la Société Générale en fait c’est un peu pareil et donc on se sent aussi parfois un peu démuni dans ce sens-là en se disant bon ben après tout que je sois dans une crèmerie ou une autre si si tout ça joue avec les mêmes règles du jeu ça change pas grand-chose c’est vrai que les banques ont une mauvaise image et qu’on se dit bon bah de toute manière c’est tous les mêmes donc à quoi ça sert ben en vérité non il y a quand même des pratiques qui sont bien plus vertueuses chez certains acteurs que chez d’autres nous ariclim finance c’est vrai qu’on a publié un petit site je sais le moment pub qui s’appelle changedebanque.org qui permet justement à tout un chacun de comprendre les différences entre les les établissements bancaires présents en France ou même les néobanques et bah de choisir en connaissance de cause vers qui vers qui se se tourner donc il y a des acteurs plus vertueux et puis après au-delà de la banque il faut comprendre que ce que certains vont dire oui mais c’est compliqué de changer de banque et c’est vrai que c’est pas il y a un droit à la mobilité bancaire ceci étant dit c’est pas forcément toujours très facile surtout si on a du un crédit et puis bon moi j’ai une néose administrative donc je peux comprendre aussi les gens qui éventuellement ne passeraient pas à l’action parce que c’est quand même de la paperasse et que dans le quotidien et bien ça peut sembler compliqué de rajouter ça et c’est le le la chose qu’on repousse toujours à à à demain bon ben dans ces cas-là il est peut-être peut-être possible d’agir à travers d’autres mécanismes et notamment les mécanismes d’épargne parce que on n’est pas obligé de mettre tous ses œufs dans le même panier non plus on peut très bien conserver un compte courant chez la banque chez qui on a un un compte courant mais mettre confier son épargne à d’autres acteurs voir investir son épargne dans des projets de l’économie de l’économie de l’économie locale oui ça c’est au niveau individuel et c’est important et ça me fait aussi réfléchir moi mais si on regarde à un niveau plus collectif ben il est peut-être intéressant d’agir aussi sur le lieu de de travail pour s’assurer que l’entreprise pour laquelle on on travaille change également de banque ou que la collectivité territoriale met en place une une grille guidant les appels d’offre pour ne faire appel que à des banques plus responsables que les autres et puis il est peut-être aussi possible de se mobiliser pour ceux qui ont des plans d’épinre salarial pour transformer non pas juste son épargne individuelle mais l’épargne de toute l’entreprise et là c’est vrai que ça commence à à chiffrer en terme de montant financier qu’il est possible de de mobiliser la question question qui arrive forcément c’est ce que peut faire l’état en terme de règles de réglementation pour pousser les banques à agir alors d’un côté il y a le fait d’obliger à plus de transparence pour avoir des objectifs plus clairs et plus compréhensibles et ça c’est pas du tout suffisamment le cas y compris pour nous les consommateurs pour pouvoir savoir qui fait quoi mais est-ce qu’il y a aussi d’autres leviers possibles il y a énormément de mesures qui peuvent être mises en place que ce soit à travers la défiscalisation ou le changement des règles macroprudent donc par exemple on peut contraindre les banques par exemple à garder plus d’argent en fond propre dès lors que ell finance les énergies fossiles puisqu’on sait que les banques ce qu’elles aiment pas c’est avoir trop d’argent en stock parce que elles elles aiment que financer l’économie parce que c’est comme ça qu’à fond du du profit si on les contraint à avoir plus d’argent de côté dès lors qu’elle finance des activités polluantes et que au contraire elles ont des règles ou des contraintes en terme de fonds propres qui sont plus faibles pour les activités vertueuse soutenable et bien on va les inciter à financer plutôt celle-ci et moins les énergies les énergies fossiles ou les activités polluantes donc ça c’est tout le type de mesure incitatif et dissuasif après il y a d’autres mesures qui peuvent être encore plus contraignantes qui est tout simplement de contraindre par exemple les acteurs financiers économique à adopter des plans de transition aligné sur une trajectoire 1,5 5 degrés ou les contraindre à prendre en compte leurs impacts sur l’environnement et pas seulement à se prémunir des risques liés au climat sur leur portefeuille financier alors on a décrit une situation dans laquelle il y a des évolutions mais globalement on sait qu’on n pas sur la bonne trajectoire vous qui travaillez sur ces questions depuis de nombreuses années qu’est-ce qui malgré tout vous donne de l’espoir que c’est possible d’aller dans la bonne direction est-ce qu’il y a des choses qui suscitent en vous une espérance beaucoup déjà on a fait énormément de de chemin il faut c’est c’est toujours bien de regarder un peu d’où on part pour se dire qu’il y a encore alors qu’il y a encore beaucoup de choses à faire mais que on peut y arriver il y a 10 ans on parlait à peine de la responsabilité des acteurs financiers en matière en matière climatique même le débat avec les acteurs financiers n’était pas encore gagné le fait que ils doivent arrêter de financer sans discernement certains types d’activités c’était pas du tout sur la table euh à ce moment-là il y a un peu plus 10 an lorsqu’on parlait climat avec les banques on parlait de changer les ampoules des bureaux pour mettre des ampoules basse [Musique] consommation alors je voudrais pas vous laisser repartir de ce studio sans vous demander vous comment vous vivez cette transition à un niveau plus personnel est-ce que depuis que vous travaillez sur ces questions il y a des pratiques individuelles que vous avez changé d’abord est-ce que vous vous avez changé de banque par exemple moi j’ai changé de banque quand je suis arrivé aux Amis de la Terre en tant que chargé de campagne sur la finance parce que je me disais que ça allait faire mauvais style de d’être de ne pas être au Crédit Coopératif donc je suis au Crédit Coopératif même si à l’époque j’étais à la Banque Postale donc c’était déjà c’était déjà pas trop mal mais donc oui en effet j’ai quand même fait toutes les mesures qui s’imposent pour être clean au niveau bancaire et assurancielle je suis chez la Maïf et non chez AXA donc ça c’est fait après sur les autres pratiques individuelles parce qu’il y a des choses que vous avez changé par exemple le fait de prendre l’avion alors prendre l’avion disons que je le prends pour le travail aujourd’hui euh surtout avec une association qui fait 40 personnes et beaucoup de rencontres avec notamment des bailleurs internationaux donc il faut dire que je prends l’avion aujourd’hui pour le pour le travail au niveau individuel peut-être que je le prends moins que j’aurais pu le prendre euh si j’avais pas été écolo avec vu mon niveau mon pouvoir d’achat aujourd’hui il y a quelques années je l’aurais pas fait pour des raisons quand même financières et puis aussi moi je suis work alcoolique hein donc moi je travaille beaucoup donc en fait les vacances j’y pense très très peu et j’ai plutôt tendance à penser à bouquer la chambre d’hôtel quand je suis dans le train en train de partir en vacances donc en fait l’avion c’était pas déjà dans mon mode de vie pareil je mange pas de viande depuis des années donc j’ai peut-être réduit quand même les produits laitiers ce genre de choses mais c’est vrai que sinon j’étais déjà quand même plutôt pas mal je pense est-ce qu’il y a un livre par exemple que vous souhaiteriez partager je pense comme j’ai pas été très militante pendant ce podcast je peux me permettre de dire sortir de notre puissance politique de la ganerie parce que je pense qu’une fois qu’on a dit tout ça la question c’est comment on opère un changement donc en mettant en place un rapport de force et je pense qu’il est toujours sain de s’interroger sur les tactiques et les stratégies d’action d’action politique et euh quand bien même on ne peut ne pas être d’accord avec tout ce qui se trouve dans ce bouquin euh ça donne à à réfléchir et donc je pense que c’est un bon bouquin à lire merci Lucie pinceon merci à [Musique] vous il y a plein de choses à retenir de cet échange avec Lucy Pinçon la première c’est que cette conversation m’a permis de mieux comprendre pourquoi les acteurs financiers investissent encore autant dans les énergies fossiles malgré toutes leur déclaration le problème c’est ce décalage dans le temps aujourd’hui dans le pétrole ou le gaz ça rapporte gros même si ça va nous rendre la vie impossible demain Lucy Pinon dit c’est la tragédie des horizons et je crois que c’est assez juste j’ajouterai un point on croit parfois qu’il suffit d’investir beaucoup d’argent dans les énergies renouvelables et les batteries pour réussir la transition or ça aujourd’hui c’est pas le plus difficile le plus difficile c’est d’arrêter de financer des nouvelles installations d’énergie fossile et ça c’est une vraie contradiction avec la manière dont fonctionne aujourd’hui le secteur bancaire et le secteur financier qui cherche évidemment un profit le plus important possible à court terme il y a là une contradiction qui est assez difficile à résoudre ce qui m’amène à mon deuxème point si on veut y arriver il faut des règles du jeu plus claires d’abord plus de transparence pour qu’on sache qui finance quoi moi en tant que journaliste qui couvrait l’énergie pour le monde je me suis arraché les cheveux plus d’une fois pour comprendre comment était financé tel ou tel projet pétrolier parce que rien n’est jamais dit franchement mais surtout il faut des réglementations qui pénalise l’investissement dans les énergies fossiles plutôt que de l’encourager et qui valorise les investissements qui vont dans le sens de la transition je sais bien ces débats existent de manière assez pointue dans les institutions bancaires ou dans les institutions européennes le problème c’est qu’ils sont techniques souvent opaqu et qui font face à un lobbying intense des entreprises concernées là aussi un peu de courage et de clarté ne nuirait pas bien au contraire le troisième point qui me reste c’est que malgré tout on progresse la pression de la société civile des scientifiques des salariés du secteur des jeunes diplômés tout ça confusément ça marche bien sûr on n est pas encore mais les engagements pris sur la sortie du charbon le montre c’est possible il y a même un autre exemple plus récent à la suite de nombreuses pressions la France a décidé de retirer les groupes pétroliers comme Total ou BP des fonds appelés socialement responsables évidemment ça ne semble pas grand-chose et ça aurait peut-être dû être évident mais ça montre là aussi que les choses peuvent bouger d’ailleurs si certaines ou certains d’entre vous travaillent dans le secteur financier je serai heureux d’entendre vos exemples et vos interrogations sur le sujet comme toujours à l’adresse chaleurhumaine@lemonde.fr il y a encore autre chose est-ce que moi je dois changer de banque ou attendre que la BNP fasse des efforts ça fait longtemps que je me pose cette question et pas simplement parce que j’ai la flemme administrativement de remplir des tas de papiers pour changer de banque quand je regarde la liste des plus gros projets pétroliers et gaziers soutenus par la banque dans laquelle j’ai mon épargne depuis longtemps j’avoue que ça ne me rend pas très fier alors je crois que c’est décidé c’est ma résolution pour le début de l’année 2024 je change de banque et je vais écrire à ma banque actuelle pour leur demander de changer de cap je sais ça ne changera probablement pas la face du monde et je ne suis pas sûr que ça convainque la BNP de changer de stratégie mais d’abord ça me fera du bien à moi comme beaucoup de nos gestes individuel et puis peut-être que ça encouragera certaines ou certains d’entre vous à entamer une discussion avec leur entourage avec leur conseiller bancaire avec leurs parents ou leurs grands-parents sur ce sujet-là et d’ailleurs si c’est le cas n’hésitez pas à m’écrire à l’adresse chaleur humaine [Musique] @lemonde.fr merci merci infiniment d’avoir pris le temps d’écouter cet épisode de chaleur humaine un podcast de la rédaction du Monde cet épisode a été produit par Cécile casazenav et réalisé et mise en musique par Amandine Robillard merci à elle vous le savez sûrement mais chaleur humaine est désormais disponible en librairie le livre chaleur humaine rassemble 18 entretiens réalis dans le podcast et quelques idées en plus pour réussir à faire la transition sans souffrir d’indigestion c’est toujours également une infolettre hebdomadaire tous les mardis à laquelle vous pouvez vous inscrire gratuitement sur le site du monde chaque semaine je réponds à vos questions enfin j’essaye si vous êtes encore là prenez le temps de m’écrire pour me dire si cet épisode vous a donné envie d’aller discuter avec votre banquier ou si vous travaillez dans le secteur bancaire si ça vous a donné envie d’en parler avec vos collègues vous pouvez toujours m’envoyer vos critiques vos avis et un parmenentier de lentilles et aux carottes si vous êtes sympa je vous mets la recette dans une prochaine infolettre à l’adresse chaleurhumaine@lemonde.fr je prépare pour la fin de l’année avec mes camarades Cécile kazenav et Amandine Robillard un épisode dans lequel je réponds à plein de questions posées par des auditrices et des auditeur de chaleur humaine si vous souhaitez me demander des choses sur la transition climatique sur la manière dont on travaille dans ce podcast ou sur le livre ou encore des recettes de cuisine secrète de ma grand-mère vous pouvez remplir le formulaire qui se trouve dans la description du podcast et puis comme toujours si cet épisode vous a plu je vous encourage à le partager avec vos amis et à en débattre et puis à mettre des commentaires sur votre plateforme de podcast préféré si vous en avez envie merci pour votre écoute et bravo 1000 fois bravo d’être resté jusque là à [Musique] bientôt

Laisser un commentaire