Internet Explorer, dernière victime de la guerre des navigateurs



Internet Explorer c’est fini. Plus de 25 ans après sa sortie, Microsoft met définitivement fin au navigateur web ce mercredi 15 juin. Détrôné depuis longtemps par Google Chrome, ses faibles performances auront eu raison de lui.
C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais Internet Explorer a été leader du marché de la fin des années 90 jusqu’au début des années 2010. Mais il s’est ensuite rapidement fait dépasser par Firefox puis Google Chrome. En mai 2022, la part de marché d’Internet Explorer est même tombée à 0,6% dans le monde, très largement distancé par Google Chrome (environ 65%) et Safari d’Apple (plus de 19%), selon les chiffres de Statcounter.

Pour comprendre cette hégémonie puis cette chute brutale, il faut revenir aux débuts d’internet, lorsqu’a commencé la guerre des navigateurs. À cette époque, le début des années 90, le navigateur web de référence était Netscape.

Le navigateur, inconnu des moins de 25 ans aujourd’hui, n’avait rien à voir avec ce qu’on connait aujourd’hui: ”À la fin des années 90, il y a encore des balises, des éléments du langage HTLM, donc ce qui s’affiche sur les sites web, qui sont reconnues ou interprétées, différemment selon les navigateurs”, rappelle au HuffPost Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information à l’IUT de La Roche-sur-Yon.

La guerre des navigateurs
Mais Nestcape ne fait pas long feu. En quelques années, il se fait distancer par Internet Explorer qui s’impose sur le marché. Pour pimenter la bataille, deux nouveaux navigateurs, Firefox créé en 2002, suivi de près par Safari en 2003, entrent dans l’arène.

Face à la concurrence, Internet Explorer ne plie pas et continue de creuser l’écart. Le navigateur devient même l’acteur dominant, avec 95% de parts de marché à son apogée en 2004. Opera tente lui aussi de faire tomber le navigateur hégémonique, mais c’est peine perdue, Internet Explorer est imbattable.

C’est l’arrivée de Chrome, en 2008, le navigateur de Google, qui finit par faire flancher Internet Explorer. En seulement quatre ans, Chrome dépasse Internet Explorer. Une première défaite qui en entrainera d’autres, Safari, Firefox et Opera finiront par aussi l’écraser. À partir de 2018, la course est finie pour Internet Explorer qui se classe dernier des navigateurs.

560 millions d’euros fatals à Internet Explorer
Mais comment expliquer un crash aussi rapide d’Internet Explorer? Cela s’explique d’abord par un comportement de Microsoft jugé déloyal par ses concurrents. Ils lui reprochent d’installer par défaut Internet Explorer sur les ordinateurs de ses clients.

En voulant à tout prix garder son monopole, l’entreprise a d’ailleurs été poursuivie à plusieurs reprises pour pratiques “agressives et anticoncurrentielles”. En 2013, la Commission européenne inflige même une amende de 561 millions d’euros à Microsoft. Ses sanctions n’expliquent pas à elles seules la chute d’Internet Explorer.

Son agonie a été précipitée par le changement de nos pratiques d’internet. Depuis l’arrivée des smartphones, notre consommation d’internet a basculé de supports, de l’ordinateur aux smartphones. Sur ce nouveau terrain de bataille, l’avantage est largement à Apple qui sort son premier iPhone en 2007 en installant par défaut Safari sur les smartphones, puis les tablettes. Talonnés par Opera qui réussit brièvement à prendre le monopole, Safari et Opéra sont au coude à coude en 2011.

Tout bascule lorsque Google Chrome arrive en 2008, il passe rapidement devant Opera, puis devant Safari et creuse de plus en plus l’écart…Google réussit à sortir son épingle du jeu en configurant les smartphones sous Android, pour que tous les outils Google y soient installés, dont Chrome.

Pour tenter de se relancer et de reprendre l’avantage sur Google, Microsoft sort en 2015 Edge. L’objectif est de remplacer Internet Explorer. S’il finit par faire un petit bout de chemin sur les ordinateurs, il n’a jamais réussi à retrouver le succès de son prédécesseur dans les années 90-2000. D’ailleurs, à partir de maintenant, si vous tentez d’utiliser Internet Explorer, vous devriez être redirigé vers Microsoft Edge.
—–

Abonnez-vous à la chaîne YouTube du HuffPost dès maintenant : https://www.youtube.com/c/lehuffpost

Pour plus de contenu du HuffPost:
Web: https://www.huffingtonpost.fr/
Facebook: https://www.facebook.com/LeHuffPost/
Twitter: https://twitter.com/LeHuffPost
Instagram: https://www.instagram.com/lehuffpost/

Pour recevoir gratuitement notre newsletter quotidienne:
https://www.huffingtonpost.fr/newsletter/default/

source

Cet article a 12 commentaires

  1. Ça fais longtemps qu'il est remplacé et boycot par les développeurs Web car relou notamment sur les mises à jour des outils de dernière génération. Devoir utilisé des hacks pour le rendre compatible à tous les écrans, pour quelques personnes relous

  2. Par fainéantise la majorité des DSI ont prit Internet Explorer car ils pouvaient penser le contrôler via les GPOs et comme Microsoft a dominé le marché avec ses actives X, celui ci s'est imposé par défaut et non pas grâce à sa performance qui a toujours été médiocre. A partir du moment ou Internet a évolué avec Javascript et CSS. Celui-ci a montré sa médiocrité comme beaucoup de produit Microsoft. Bref pas la peine de pleurer sur un produit buggé, mal conçu dès sa naissance et surtout un aspirateur à Virus.

  3. ☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆
    1.Depuis des années, nous vivons tourmentés par un problème, celui-là même qui nous fut causé par Java – ou plutôt le diktat d'Octobre 2011 – un problème qui, par sa survenue inopinée et son caractère tranchant, nous était devenu insupportable. La JVM était et reste une conception des programmeurs C. Les JVM étaient et restent sous l'ombre de notre langage. Toutes ces machines ne doivent leur fonctionnement qu’aux seuls efforts des programmeurs C et au savoir des mathématiciens. Sans leurs talents, c’est la pire des anarchie qui régnerait dans toutes les zones mémoires des registres au tas et à travers le ramasse miettes.

    2.Steve Jobs fut séparé de nous, le corridor fut dés lors sous la domination de Java, tout comme d’autres territoires à l’Est et à l'Ouest. Et surtout, les programmeurs C++ vivant sur les deux bords furent traités d’une manière qui nous paraît inacceptable. En particulier les programmeurs Java ont préparé leur marché à la fin des années 90.

    3.Comme toujours, nous avons tenté de résoudre cette insupportable situation par des propositions de révision pacifiques. Et c’est mentir que d’affirmer, comme ceux qui sont face à nous, que nous nous limitons à tenter d’imposer nos révisions par le contraire. Quinze ans avant que le développement du scorbut causé par Java n’arrive à son paroxysme, on avait la possibilité d’apporter ces révisions grâce à des accords judicieux, grâce à l'expérience mutuelle.

    4.Toutes ces propositions, comme vous le savez, ont été rejetées. Et il nous est inutile de vous les énumérer une par une : les propositions de restreindre la consommation mémoire et, au besoin, de supprimer le Java temps réel, les propositions d'abandonner les JVM sur métal nu, de réduire l'entropie des applications Java, qui sont de notre point de vue difficilement conciliables avec l'efficacité à l’exécution. Vous connaissez les propositions que nous avons déposées sur la nécessité de rétablir la souveraineté du langage C. Vous connaissez nos tentatives incessantes de résoudre pacifiquement le problème des applications Java et de parvenir à un accord sur ce point, puis sur la question de J2EE, de l'usage abusif de la réflexivité et du chargement dynamique de composants. Et tout cela en vain.

    5.C’est ainsi que, dans le cas des implémentations de la spécification OSGi, de ce concept inutile, nous avons essayé avec des propositions pacifiques de résoudre le problème via une implémentation la plus efficace possible. Qu’une solution aux problèmes était nécessaire, c’était clair. Et que, pour la Communauté, le délai de cette solution était sans doute dépourvu d’importance, c’était pour nous tout aussi clair. Mais à nos ingénieurs, ce délai n’était pas sans importance et, de plus, il n’était pas sans importance, et ne pouvait l’être, pour les logiciels qui en souffraient le plus.

    6.Dans les discussions que nous avons eues avec des experts, nous avons étudié les idées qu'ils avaient conçus par leur seule motivation lors de nos assemblées dans le consortium et nous en avons abondamment discuté. Aucun homme ne pouvait dire ou prétendre qu’il s’agissait là d’un élan incongru, ou même d’une volonté incongrue. Mais nous avons finalement validé les avantages du C. Et nous devons donc insister une nouvelle fois sur le fait qu’aucune proposition n’eût pu être plus loyale ou plus mesurée que celles que nous avons alors étudié. Et en cet endroit, nous souhaitons à présent l’affirmer au monde : le langage C est le seul langage qui est en mesure de proposer de telles performances face à Java. Car nous savons très bien que nous nous sommes alors placé en contradiction avec l’opinion de millions de professionnels.

    7.Ces propositions ont été rejetées. Et ce n’est pas tout : les réactions qu’elles provoquèrent furent d’abord des licenciements, et ensuite une terreur renforcée, avec une pression accrue sur les programmeurs C de notre Communauté et une lente lutte d’étouffement contre les logiciels libres sur le plan du soutien logistique, et finalement au cours des dernières années, aussi sur le plan intellectuel et des innovations.

    8.Les programmeurs Java ont dirigé leur combat contre la Communauté. Mais ils n’étaient pas disposé à régler la question du corridor d’une manière équitable et qui aurait rencontré les deux intérêts. Et, finalement, ils n’ont pas pensé à remplir leurs engagements vis-à-vis des temps d'exécution. A cet égard, il nous faut établir une chose très clairement : le C a respecté ses engagements en la matière. Les bibliothèques implémentées en C ne souffrent d'aucun défaut de performance. Qu’un seul programmeur Java se lève et prétende que la glibC est peu performante, défectueuse ou que ses bases n'aient été développées par des professionnels. Ou encore concernant nos JVM. Personne ne peut l’affirmer.

    9.Depuis des années, nous avons assisté à cette offensive avec calme, mais non sans adresser continuellement des avertissements. Ces derniers temps, nous avons renforcé ces avertissements. Voici plus de six ans, nous avons fait savoir à la Communauté que si Gosling envoyait de nouveaux ultimatums à l'industrie, si de nouvelles mesures d’oppression étaient prises à l’encontre de tout ce qui est basé sur le C, si Oracle essayait de s'approprier le noyau Linux économiquement par des mesures officielles, la Communauté ne resterait plus longtemps inactive ! Et nous n'avons laissé subsister aucun doute sur le fait qu’à cet égard, il ne fallait pas confondre le langage C d’aujourd’hui avec celui qui existait au début des années 70. On a essayé d’excuser l’attitude envers les programmeurs C par le fait que ceux-ci se seraient rendus coupables de provocations. Nous ignorons en quoi peuvent consister les provocations des hommes ou des femmes que l’on maltraite, que l’on méprise, nous ignorons de même en quoi sont censées avoir consister les provocations de ceux que, d’une manière bestiale et sadique, on a soit délaissé, soit expédié au chômage. Nous l’ignorons. Mais il y a une chose que nous savons : c’est qu’aucun développeur qui a un tant soit peu d’honneur et de connaissance de l'histoire de l'ère numérique ne resterait longtemps passif face à de tels faits !
    ☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆

  4. Il était aussi trop cher en entretien et mise à jour ducoup pas assez rentable c'est la principale raison à mon avis , juste une question de sous 😶

  5. Votre sujet est tellement mal traité. Les smartphones sont arrivés en 2009 selon vous ou l'iPhone ? En même temps, lorsqu'on écoute la voix off durant les stats, ça montre bien le sérieux à la création de ce contenu. Un effort svp.

Laisser un commentaire